L’espoir marche à l’électricité

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Il y a des moments où je me dis que la vie est vraiment belle, que l’espoir est toujours quelque part, ne demandant qu’à être découvert, telle une truffe posée sur un matelas d’humus, sous une couverture de feuilles d’automne. On ne la voit pas, on ne la sent pas encore mais elle est là, fantastique trésor des gastronomes, caché à l’abri des regards, tel un butin de pirate perdu dans une épaisse forêt. Elle se donnera au plus téméraire, au plus méritant, plus rarement au chanceux.
L’espoir est ainsi : on ne le voit pas toujours et on en vient parfois à se demander s’il existe vraiment, si ce n’est pas une chimère, une histoire que certains se racontent pour se rassurer et se donner le courage de continuer. L’espoir est blagueur, il aime jouer à cache à cache. Plus nos angoisses sont tenaces, plus nos doutes nous asphyxient et plus ses cachettes sont pointues, élaborées, reculées… plus l’espoir est difficile à débusquer. Mais quant on y arrive, quand on le tient enfin, quelle joie !
Je l’ai trouvé cette semaine, ce foutu espoir après qui je courrais depuis quelque temps. Il se terrait du côté de Hong-Kong, de Bagnols-sur-Cèze, de la Calanque du Port d’Alon avant de se faufiler en bas de chez moi. “Coquin de sort !“ comme dirait un personnage de Marcel Pagnol ; l’espoir se faisait globe trotteur et s’amusait à traverser les fuseaux horaires, à s’affranchir des distances et se grimer pour que je ne le trouve pas.
Mon association “Les Enfants de Togbota“ a un besoin urgent de financement et je n’ai plus que 6 semaines de trésorerie devant moi pour faire vivre ma petite école maternelle et mes deux hectares de ferme solidaire au Bénin. Autant vous dire que l’angoisse est là et que l’espoir est loin.
J’avais beau alerter, agiter les bras et brailler tant que je pouvais, solliciter régulièrement la Terre entière, faire défiler mon agenda à la recherche de donateurs potentiels, je ne récoltais que promesses et encouragements… On ne nourrit pas grand monde avec des promesses et les récoltes ne sont pas meilleures en complimentant le riz et les bananes.
Bref, en sortant de la banque jeudi dernier, je n’étais pas spécialement heureux et même carrément inquiet. J’avais déjà oublié mes rêves de poser des panneaux solaires sur l’école pour électrifier 4 salles de classe, j’avais remisé à plus tard mon fantasme d’amener l’électricité dans ce petit village oublié de tous et que j’avais découvert en 2009.
Je me disais que le peu d’argent que je récolterai ou que je mettrai de ma poche servirait avant tout à maintenir ouvert l’école et la ferme et puis… Une amie que je connais pourtant bien peu a été touchée par le récit que je lui ai fait de ma triste situation financière et quelques minutes plus tard, sans m’en avertir, me fit parvenir via PayPal un don de 250 € sans m’en avertir. Puis ce fut mon ami Jean-Marc qui répondait encore présent et me versait 100 € pour la deuxième fois cette année. Voilà qui me permettait de tenir 15 jours de plus et cela n’avait pas de prix.
Mais l’espoir a ceci de bien qu’il est beau joueur : quand on le trouve, quand on lui met le grappin dessus, l’espoir ne s’enfuit pas tout de suite et il vous accompagne un temps. Fatigué sans doute d’arpenter la planète de long en large, l’espoir reste quelque temps à vos côtés comme un compagnon de route ou un chien errant. Il vous donne la main, fait quelques pas sur votre chemin ou vous donne un coup de langue amical avant de s’enfuir à nouveau pour jouer avec vos nerfs.
Ce samedi matin, il me tenait encore la main quand je suis descendu faire mes courses au Monoprix et que je suis tombé nez à nez sur l’ancien directeur de l’école de mes enfants, un type que j’aime beaucoup, un humaniste, plein de valeurs et de bonté. C’est une chance que mes enfants soient passés entre ses mains, une fierté que sur ses conseils avisés, ma fille réussisse aussi bien son parcours scolaire. J’emboite son pas et descends la rue de Rome sur quelques mètres tout en lui parlant, sans trop savoir pourquoi, de mon association, de mes besoins et de mes rêves. Soudain, cet homme de foi m’explique qu’il dirige un fond de dotations pour des projets comme le mien et me demande de lui faire passer prestement un dossier.
Mais cela ne s’arrête pas là ! L’espoir s’était assoupi ou bien était-il très fatigué mais il ne m’a pas lâché. Le Père Noël m’a appelé au téléphone et cette année, il passera au mois de mai. Le vieillard à la longue barbe blanche et aux habits rouges, avait troqué ses frusques pour les traits amicaux de Jean-Pierre Ting, un de mes meilleurs amis avec qui j’ai suivi des études de commerce.
Jean-Pierre poursuit une brillante carrière de business man à Hong Kong et il m’appelait de Namibie, entre deux avions. “Dis-moi, c’est combien tes panneaux solaires ?“ me demande-t-il sur le ton pressé que je lui connais depuis qu’il a gravi l’échelle de la réussite sociale plus vite que l’on met à la descendre. “3 500 €“ lui répondis-je rapidement pour ne pas trop empiéter sur un agenda aussi gonflé qu’un poisson lune à l’approche d’un prédateur. “Ok, je vais te faire un virement“ me répond l’homme au grand cœur. “De la totalité ?“ lui demandais-je incrédule. “Oui. D’ici 15 jours, tu auras les sous. Allez salut, j’arrive à l’aéroport. Au fait : ça va toi ?“.
Et voilà comment les enfants auront de l’électricité cet hiver grâce à la volonté et la générosité d’un homme qui, de son téléphone, derrière les vitres teintées du taxi qui l’emmenait à Hosea Kutako Airport, a exaucé un de mes vœux les plus chers au monde.
Grâce à lui, les enfants pourront faire leur devoir à la nuit tombée, les professeurs qui rechignent à traverser la brousse pour enseigner aux enfants du village pourront recharger leur téléphone portable et rester proche de leur famille… Le village va sortir de l’enclave moyenâgeuse dans laquelle il est enfermé depuis si longtemps.
L’association a encore besoin de vous. Je n’ai pas encore le budget pour finir l’année et seuls 70 enfants peuvent être scolarisés dans mon école. Plus j’aurai de dons, plus je pourrai en accueillir et pérenniser les travaux de l’association sur place. De même, la ferme nécessite de nouveaux investissements et je ne pourrai rien sans vous. Sachez que chaque euro que vous me donnez ira directement sur le terrain car mon association n’a aucun frais de structure puisque je les prends intégralement à ma charge.
Voilà la belle histoire du jour, mon petit conte fée à moi. Merci “Claire“, Jean-Marc, Claude, et Jean-Pierre, vous êtes les pionniers qui apporteront bientôt la lumière au village. Vous portez la flamme qui ravive l’espoir de ce petit village isolé du Bénin où vous n’irez sans doute jamais mais qui, grâce à vous, brillera bientôt dans la nuit.
Jeff Carias
Président des “Enfants de Togbota“
Pour faire un don à l’association, c’est ici :
Chèque : “Les Enfants de Togbota“, 36 rue Roux de Brignoles 13006
Ou par virement bancaire à la Bank Of Africa :
Code banque : 16168 – Code guichet : 07501 – Numero de compte : 01005460007 – Clé RIB : 24 – Domiciliation : BOA France – IBAN : FR76 1616 8075 0101 0054 6000 724 – SWIFT : AFRIFRPPXXX

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