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Il y a des moments où je me dis que la vie est vraiment belle, que l’espoir est toujours quelque part, ne demandant qu’à être découvert, telle une truffe posée sur un matelas d’humus, sous une couverture de feuilles d’automne. On ne la voit pas, on ne la sent pas encore mais elle est là, fantastique trésor des gastronomes, caché à l’abri des regards, tel un butin de pirate perdu dans une épaisse forêt. Elle se donnera au plus téméraire, au plus méritant, plus rarement au chanceux.
L’espoir est ainsi : on ne le voit pas toujours et on en vient parfois à se demander s’il existe vraiment, si ce n’est pas une chimère, une histoire que certains se racontent pour se rassurer et se donner le courage de continuer. L’espoir est blagueur, il aime jouer à cache à cache. Plus nos angoisses sont tenaces, plus nos doutes nous asphyxient et plus ses cachettes sont pointues, élaborées, reculées… plus l’espoir est difficile à débusquer. Mais quant on y arrive, quand on le tient enfin, quelle joie !
Je l’ai trouvé cette semaine, ce foutu espoir après qui je courrais depuis quelque temps. Il se terrait du côté de Hong-Kong, de Bagnols-sur-Cèze, de la Calanque du Port d’Alon avant de se faufiler en bas de chez moi. “Coquin de sort !“ comme dirait un personnage de Marcel Pagnol ; l’espoir se faisait globe trotteur et s’amusait à traverser les fuseaux horaires, à s’affranchir des distances et se grimer pour que je ne le trouve pas. (suite…)

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C’est avec grande fierté et un certain plaisir que je vous annonce le lancement du site internet de mon association Les Enfants de Togbota. Précision : je l’ai fait tout seul ! Et oui, je me suis lancé et j’ai financé sur mes deniers personnels tous les frais afférents au lancement du site (achat nom de domaine + hébergement).
Allez-y, découvrez-le et sachez que vous pourrez faire un don en ligne ! Carte Bleue et PayPal sont acceptés, il vous suffit de cliquer ici.

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Quand vous lirez ces lignes, je serai dans un avion de Royal Air Maroc à destination du Bénin, petit état de l’Afrique de l’Ouest. Un des 25 pays les plus pauvres au monde, c’est vous dire s’il y a du monde devant… Pas de richesse dans ses sous-sols, une agriculture embryonnaire, de la corruption à tous les étages de l’administration… et puis ma petite association humanitaire “Les Enfants de Togbota“ qui tente d’écoper l’eau qui rentre par tous les trous de la coque pour essayer de rester à flot.
7 ans que je me rends sur place pour m’occuper du petit village de Togbota et de ses 4000 âmes dont 3000 enfants. Pas toujours les mêmes malheureusement car il y a un gros turn over là-bas… Un peu comme chez France Telecom mais la différence est qu’eux ne choisissent pas de mettre fin à leur jour. La maladie, l’insalubrité, la pollution de l’eau se chargent d’éliminer les plus jeunes, les plus fragiles d’entre eux. Sélection naturelle comme on appelle ça dans les livres d’anthropologie.
Drôle de destination pour des vacances, n’est-ce pas ? J’aurais pu choisir le Club Med, un bel hôtel en Toscane, louer une maison avec des amis dans le Sud Ouest, partir visiter ma chère Asie mais non… J’ai décidé de retourner au Bénin mais cette fois-ci, j’emmène mes enfants avec moi pour qu’ils voient et comprennent ce que je mets en place là-bas avec l’aide de mon équipe locale : Eugène, Léonel, Constance, Rodrigue…
Au Bénin, ils vont comprendre ce que signifie ne rien posséder, de vivre sans wifi, avec un réseau téléphonique parcellaire, de ne rien pouvoir manger de frais, de ne pas avoir d’eau qui coule d’un robinet, d’être heureux de trouver de l’électricité et de partager ce qu’on a, tout ce qu’on a…
Quand j’ai fait ma valise, que je l’ai remplie d’affaires que Catherine et Paloma, une amie et sa fille m’ont confiées, j’ai réalisé que je n’avais plus de place pour les miennes. Alors j’ai glissé quelques caleçons et des tee-shirts dans la valise de mes enfants et j’emporte avec moi ma trousse de toilette qui n’aura jamais été aussi légère. Je piocherai dans les affaires que je convoie pour me vêtir et je les laisserai sur place à une population le plus souvent vêtue de haillon, habituée à marcher pieds nus pendant des heures sans se plaindre. Je sais qu’Isidore, un enfant que je parraine depuis 7 ans et qui vient d’obtenir son bac, viendra me voir. Comme à chaque fois, il lui en coutera 3 heures de marche pour passer une heure ou deux avec moi avant de repartir pour 3 heures sous la pluie (c’est la saison) et une chaude moiteur vers son école qu’il fréquente même l’été car il veut devenir médecin et s’en donne les moyens.
Voilà l’environnement qui sera le nôtre durant un peu moins de 15 jours. Je vais profiter de ce séjour pour également visiter ce pays que finalement je connais bien peu. Nous irons dans le nord et sa réserve animalière même si ce n’est pas recommandé par le gouvernement français. Mais je me sens plus en sécurité au Bénin qu’en France… Drôle d’époque.
Je vous raconterai si cela vous intéresse. J’ai hâte d’étudier les réactions de mes enfants face à ce choc des civilisations. Ils vont râler, ils vont avoir faim, ils vont se plaindre des moustiques, de la chaleur, de la pluie, de la boue qui colle aux pieds, des “bestioles“ sans noms qui grimpent, sautent, rampent, volent autour de vous mais j’espère qu’en revenant en Europe, ils comprendront la chance qu’ils ont de vivre dans le confort qui tapisse notre quotidien.

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Voilà, je suis rentré en France. J’ai retrouvé l’eau qui sort du robinet à laquelle on peut facilement rajouter des glaçons si on la préfère glacée. J’ai commuté la lumière en appuyant sur un simple interrupteur. Je n’ai pas eu besoin d’un bruyant groupe électrogène fonctionnant à l’essence pour cela. Je me suis servi un verre de vin, coupé un morceau de pain que j’ai accompagné d’un bout de fromage. J’avais déjà embrassé le monde auquel j’appartiens à l’aéroport de Paris où j’ai pris connaissance des dernières informations qui font courir la planète. Rien sur le Bénin… Bizarre émoticône smile L’actualité est ailleurs on dirait.

J’ai encore l’odeur de la poussière soufflée par l’Harmattan et des nénuphars odoriférants du fleuve Togbo dans les narines. J’ai troqué les mille couleurs des tissus africains pour le gris et le camaÏeu des vêtements occidentaux, échangé les sourires africains pour les mines renfrognés d’hommes d’affaires descendant à Marseille pour affaires. Bientôt je rejoindrai le troupeau. Je leur appartiens et je ne me trompe pas de pâturage. Je sais qu’après quelques jours où je prendrai le temps de me reconnecter à mon univers, tout rentrera dans l’ordre. Mais je n’oublierai rien. Comme à chaque fois, mon coffre à souvenirs va s’enrichir de nouveaux visages, de nouvelles têtes, de précieux sourires d’enfants et de belles émotions dont personne ne pourra forcer la serrure.
Je repense à Isidore, cet enfant que j’avais eu dans ma classe en 2009 et que j’ai suivi de près, finançant sur mes deniers sa scolarité et même un peu plus parfois. Je l’ai vu jeudi au village et cela a été fort, comme à chaque fois. Brillant élève de terminale scientifique, il est en route pour le baccalauréat qu’il n’aurait jamais pu obtenir si personne ne lui avait payé ses études. Après le Bac ? Médecine. Il veut être docteur m’a confié ce grand timide qui a fait 2h30 de vélo dans la brousse, sous une chaleur étouffante pour me voir 1 heure à peine. Quand je pense que mes enfants font la tête quand je ne peux pas aller les chercher à l’école et qu’ils “doivent“ prendre le métro ou pire, marcher 10 minutes. Isidore quant à lui, n’a pas hésité à faire 5 heures de vélo dans la journée (il devait être de retour au lycée à 17h00 pour un cours de chimie) pour voir “Papa Jeff“.
Bref, c’est avec tout cela en mémoire qu’il va falloir vite me ré-approprier mon univers. Enfiler le bon costume pour ne pas être décalé avec un environnement qui ne comprendrait sans doute pas l’étrange nostalgie que je ramène chaque fois de mes voyages. C’est parfois presque aussi lourd que 66 kilos de bagages.

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Je déteste ces périodes de ma vie où le temps parait suspendu à une corde à linge, où la trotteuse de ma montre trainasse sur le cadran qu’elle est pourtant censée parcourir à une vitesse immuable ; où les minutes se griment en heures pour maquiller des journées interminables. Je pars lundi au Bénin, décollage de Marseille à 10h30 direction Paris d’où un plus gros Airbus prendra son envol pour se diriger vers Cotonou, 7 heures de vol, atterrissage à 20h10 puis la cohue, le joyeux désordre de l’aéroport Cardinal Bernardin Gantin et peut-être des bagages absents (cela m’arrive à chaque fois). Je compte les heures qui me séparent de l’embarquement.
J’ai hâte d’y être. Envie d’ailleurs, de respirer un autre oxygène, de ressentir des choses différentes, de remettre en perspective les petits tracas du quotidien, de faire de nouvelles rencontres, d’oublier mes échecs et de repartir de là-bas avec le sentiment que j’ai été utile à quelque chose. Bref, vous l’aurez compris, je trépigne d’impatience.
Mes journées sont pourtant bien remplies et je ne devrais pas m’ennuyer, mais que les nuits sont longues… Je n’arrête pas de faire des allers et retours pour récupérer, qui des téléphones portables (la Société Marseillaise de Crédit m’en a offert 20 dans leur emballage d’origine !), qui du matériel de dentisterie, qui des crayons, qui des vêtements et des chaussures usagés, qui des robes et des tee-shirts neufs offerts par le Hard Rock Café Marseille etc. Le reste de mon temps est partagé entre le Consulat du Bénin, la Bank of Africa où j’ai ouvert un compte que je vais quotidiennement approvisionner avec vos dons, sans oublier les réunions avec des avocats spécialisés en mécénat pour que l’association que je monte soit sur de bons rails dès le début, des appels à droite à gauche pour que je n’ai pas à payer d’excédent de bagages à l’aéroport ou chez Orange pour faire débloquer sans frais les téléphones que l’on m’a donnés…
Bref, j’ai des journées chargées surtout qu’il y a le boulot qui tombe régulièrement, les projets en tout genre sur lesquels je suis consulté, la table ronde que je prépare et que je vais animer 2 jours après mon retour pour le Réseau Entreprendre sur les échanges économiques en Méditerranée, un tournage à Grenoble pour la société HighCo pour la fin du mois et un projet ENORME sur lequel j’ai été sollicité et dont je vous parlerai quand j’en aurai le droit.
C’est bizarre mais toute cette frénésie, toute cette agitation ne parvient pas à me remplir totalement et je compte bien sur le Bénin pour me rassasier.

 
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Ça y est le billet est acheté, le visa est en cours de validation, j’ai presque fini ma collecte d’argent frais (5 285,50 € à aujourd’hui) et je commence ma collecte de vêtements, de médicaments et de matériel en tout genre. Mon ami Laurent Biraud, commandant de bord chez Air France (j’adore écrire “mon ami commandant de bord“, ça en jette grave) va faire en sorte que le chef d’escale à Marseille m’autorise à embarquer un peu plus de 46 kilos de bagages. J’ai déjà récolté du matériel de dentisterie, des brosses à dents, quelques médicaments, bandages, des sacs entiers de vêtements et de chaussures, et je passe mardi récupérer à la SMC des téléphones portables avec leurs chargeurs. Les nouveaux dirigeants de la banque ont un cœur gros comme ça, comme quoi, la finance n’empêche pas la générosité.
J’ai ouvert un compte bancaire vendredi à la BOA (Bank Of Africa) en francs CFA ce qui favorisera les transferts d’argent. J’ai pris à ma charge tous les frais bancaires, frais de transfert, de dépôt afin que chacun des euros qui m’ont été confiés aille sur le terrain. A chaque dépôt de chèque, il faut que vous sachiez qu’il y a 8 € de frais pour moi, idem pour les transferts sur place etc.
L’association “Les Enfants de Togbota“ est sur les rails. Maitre Thierry Chareyre, avocat au barreau de Marseille et Christophe Polidori, commissaire aux comptes et expert comptable, respectivement secrétaire général et trésorier sont en train d’en superviser les statuts (message personnel à leur attention : ce serait bien de vous sortir les doigts du cul et de bosser un peu. Vous avez une chance incroyable de gagner deux places au Paradis en formule all inclusive alors bougez-vous le derche).
Sur place, mon ami Eugène m’attendra à l’aéroport et nous n’aurons pas trop d’une semaine pour rencontrer les personnes que je vais employer pour faire tourner la boutique. Nous allons garder, je l’espère, Constance qui s’occupe de la case des enfants depuis deux ans et Leonel, l’ouvrier agricole qui gère la ferme solidaire. Je vais également voir de quoi a besoin le dispensaire pour fournir les soins nécessaires aux habitants du village.
Comme à chaque fois et encore plus cette fois-ci, je vais être assailli de demandes et suppliques mais il faudra que je sache dire non. J’ai bien peur que les habitants du village ne comprennent pas que je ne remplace pas Urgence Afrique mais que je reprends une toute petite partie des actions que l’ONG menait sur place.
Je vais endosser un autre costume cette année et je n’en apprécie pas trop les coutures. J’ai déjà l’impression que le costume de “président d’association humanitaire“ est trop grand pour moi et je ne sais pas dans quelle galère je m’engage. Je vais devoir rencontrer le chef du village, les propriétaires terriens pour négocier avec eux et je ne suis pas fan… Heureusement que vous êtes là et que demain, vous serez rejoints par des centaines d’autres, quand l’association sera sur pieds (message personnel à Maître Char… je l’ai déjà dit ?)
Dans 8 jours, je serai sous une chaleur écrasante et sous la pluie (c’est la saison des pluies qui commence), à crapahuter dans la boue jusqu’aux chevilles avec des moustiques comme compagnons et deux bouteilles d’eau pour faire ma toilette. J’ai hâte d’y être pour vous raconter cette nouvelle expérience sur place.
Stay tuned !

Je pars à Noël faire une mission humanitaire au Bénin et j’aurais besoin de vous. Enfin… de votre argent. Je cherche à collecter un maximum d’argent afin de l’injecter dans l’économie locale et acquérir du matériel scolaire, de l’alimentation riche en protéines pour les enfants en bas âge, du lait en poudre etc.
L’an dernier, j’avais récolté 3 200 € et j’avais pu acheter ceci : 738 mètres de tissu pour habiller 514 enfants, 150 kilos de lait maternel fabriqué sur place dans une coopérative de femmes agricultrices (7 familles ont gagné de l’argent grâce à cet investissement dans leur production), 947 biscuits au soja riches en protéines, 520 stylos Bic, 104 boîtes de géométrie, 532 cahiers, 104 livres de conjugaison et 1000 bâtons de craie.
L’argent récolté est allé INTEGRALEMENT dans l’économie locale car, contrairement aux associations, il n’y a pas de frais de gestion puisque je prends tous les frais à ma charge. J’attends vos dons avant le 18 décembre par chèque (à l’ordre de Jeff Carias) ou virement à cette adresse :

Broken Arms Company
Opération Bénin 2013
2, rue Sainte Victoire
13006 Marseille

L’an passé, j’avais réalisé un petit film sur l’opération que vous pouvez regarder ici. J’attends vos dons. Je sais que c’est dur en ce moment mais même avec 5 € on peut accomplir de grande chose sur place alors fouillez bien le fond de vos poches…

Merci.

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