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jeff carias

Jeudi 28, vendredi 29 et samedi 30 janvier 2016, nous jouerons Temps Mort au théâtre Le Quai du Rire à 20h00. Si vous ne l’avez pas vu, voici une video qui vous donnera peut-être envie de venir… ou pas.

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Afin de préparer nos représentations du 28, 29 et 30 janvier 2016 au Quai du Rire de Marseille, nous nous sommes tous les 3 retrouvés au stade Vélodrome dimanche soir pour ce qui était une première pour Carlo Casaccia et Bruno Gallisa. En effet, ils n’avaient jamais vu un match de foot dans un stade et il a fallu que je leur explique quelques règles simples : on ne peut pas toucher le ballon avec les mains par exemple (et je ne vous parle même pas de la règle du hors jeu que j’ai renoncé à leur expliquer).
Le lendemain, nous avons retrouvé avec plaisir nos 3 personnages Simon, Gilles et Eric pendant les répétitions que nous avons effectuées ensemble chez moi.
Rendez-vous le jeudi 28 pour la première de nos représentations marseillaises… 3 ans après y avoir débutée.

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Voilà, je suis rentré en France. J’ai retrouvé l’eau qui sort du robinet à laquelle on peut facilement rajouter des glaçons si on la préfère glacée. J’ai commuté la lumière en appuyant sur un simple interrupteur. Je n’ai pas eu besoin d’un bruyant groupe électrogène fonctionnant à l’essence pour cela. Je me suis servi un verre de vin, coupé un morceau de pain que j’ai accompagné d’un bout de fromage. J’avais déjà embrassé le monde auquel j’appartiens à l’aéroport de Paris où j’ai pris connaissance des dernières informations qui font courir la planète. Rien sur le Bénin… Bizarre émoticône smile L’actualité est ailleurs on dirait.

J’ai encore l’odeur de la poussière soufflée par l’Harmattan et des nénuphars odoriférants du fleuve Togbo dans les narines. J’ai troqué les mille couleurs des tissus africains pour le gris et le camaÏeu des vêtements occidentaux, échangé les sourires africains pour les mines renfrognés d’hommes d’affaires descendant à Marseille pour affaires. Bientôt je rejoindrai le troupeau. Je leur appartiens et je ne me trompe pas de pâturage. Je sais qu’après quelques jours où je prendrai le temps de me reconnecter à mon univers, tout rentrera dans l’ordre. Mais je n’oublierai rien. Comme à chaque fois, mon coffre à souvenirs va s’enrichir de nouveaux visages, de nouvelles têtes, de précieux sourires d’enfants et de belles émotions dont personne ne pourra forcer la serrure.
Je repense à Isidore, cet enfant que j’avais eu dans ma classe en 2009 et que j’ai suivi de près, finançant sur mes deniers sa scolarité et même un peu plus parfois. Je l’ai vu jeudi au village et cela a été fort, comme à chaque fois. Brillant élève de terminale scientifique, il est en route pour le baccalauréat qu’il n’aurait jamais pu obtenir si personne ne lui avait payé ses études. Après le Bac ? Médecine. Il veut être docteur m’a confié ce grand timide qui a fait 2h30 de vélo dans la brousse, sous une chaleur étouffante pour me voir 1 heure à peine. Quand je pense que mes enfants font la tête quand je ne peux pas aller les chercher à l’école et qu’ils “doivent“ prendre le métro ou pire, marcher 10 minutes. Isidore quant à lui, n’a pas hésité à faire 5 heures de vélo dans la journée (il devait être de retour au lycée à 17h00 pour un cours de chimie) pour voir “Papa Jeff“.
Bref, c’est avec tout cela en mémoire qu’il va falloir vite me ré-approprier mon univers. Enfiler le bon costume pour ne pas être décalé avec un environnement qui ne comprendrait sans doute pas l’étrange nostalgie que je ramène chaque fois de mes voyages. C’est parfois presque aussi lourd que 66 kilos de bagages.

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Je suis retourné au Bénin. En tant que président de l’association “Les Enfants de Togbota“ (j’adore écrire ça), je me dois de surveiller mes ouailles et mes investissements. Parti avec la grippe, je l’ai généreusement distribuée autour de moi afin de réduire les inégalités entre les pays du Nord et du Sud.
Durant mon séjour, j’ai pu rencontrer le “responsable du quartier“, un élu qui fait office de chef dans chacun des 12 quartiers qui composent le village de Togbota, 4000 âmes dont plus de 3000 enfants. J’ai également rencontré Constance et Rodrigues qui s’occupent de l’accueil des enfants dans l’école que mon association finance. Soixante d’entre eux y vont chaque jour, garçons et filles.
J’ai renégocié avec le propriétaire, Monsieur Sauvi, le lopin de terre où est installée l’école et j’ai rencontré l’infirmier du “dispensaire“ d’Oujra. J’y ai mis des guillemets tellement l’endroit est éloigné de ce que l’on est en droit d’attendre d’un lieu qui prodigue des soins : déjections de chauves souris jonchant le sol, les matelas (ou ce qu’il en reste), le matériel de soin… je n’ai pas de mots pour décrire ce que j’ai vu. Cf la photo illustrant cet article.
La sage-femme m’expliquait que lors des accouchements, la salle de travail est tellement petite et le matériel si usé, que le sang gicle sur les murs qu’il faut nettoyer à chaque fois avec de l’eau et un chiffon (mais le sang séché qui maculait encore les murs démontrait l’inefficacité de cette méthode). L’armoire à médicaments pour tout un village est à moitié vide et tout juste bon pour répondre à un besoin en “bobologie“… Triste, rageant. Il faut faire quelque chose mais j’aurai besoin de plus de moyens pour cela. Il faut refaire du ciment pour empêcher les chauve souris de  pénétrer le bâtiment, mettre des paravents pour isoler les malades, carreler le sol, changer les lits, les matelas, électrifier le bâtiment avec des panneaux solaires pour que les femmes puissent accoucher autrement qu’éclairées par une lampe torche tenue entre les dents d’une sage femme, installer des brasseurs d’air car la température est suffoquente etc.
Rendez-vous était pris également avec Léonel pour parler du délicat problème de la ferme solidaire qui ne produit pas assez et qui, comparée à son coût, est loin de la rentabilité. Je suis arrivé avec l’intention de lui expliquer qu’on allait arrêter et puis… J’ai vu la ferme. Impeccablement entretenue, aucun chiendent dans les allées, les parcelles parfaitement délimitées, toutes les installations que j’avais fait construire il y a 2 ans fonctionnent toujours : puits, château d’eau, groupe électrogène, système d’irrigation. Un petite jardin à l’anglaise au milieu de la brousse…
Les 2 employés étaient là, debout et silencieux. Installés sur des bancs de bois, sous un toit végétal nous protégeant du soleil, j’ai expliqué à Léonel mon point de vue, la responsabilité qui était la mienne vis-à-vis des donateurs etc. Puis Léonel a pris la parole, posément, entendant tous mes reproches, comprenant mon impatience et ma déception, m’opposant en retour les conditions climatiques extrêmes qu’ils avaient dû essuyer ces derniers mois : les inondations qui ont détruit une bonne partie du maïs puis les 4 semaines de sécheresse qui ont suivi. Il a poursuivi sa défense en expliquant qu’une ferme ne se gérait pas comme on gère un commerce : j’achète le lundi un objet 100 francs que je revends le mardi 110 en encaissant une petite plus value au passage. La terre nécessite du temps pour être apprivoisée, être préparée et que tout cela nécessite une vision à long terme et non à court terme. 2 ans à l’échelle d’une ferme, c’est très peu d’autant que le choix du maïs n’était pas le sien mais celui d’Urgence Afrique. Il m’a expliqué que malgré les catastrophes climatiques qui ont ravagé la région, la ferme, notre ferme, est la SEULE a avoir réussi à produire du maïs et que cela a même permis la plantation d’une deuxième parcelle.
Leonel m’a convaincu. Abandonner maintenant serait une bêtise. Le poulailler est magnifique, bien bâti et les poules qui sont le résultat d’un croisement qu’il a réalisé lui-même seront plus résistantes aux parasites. J’ai vu des gens passionnés, travailleurs et volontaires, fourmillant de projets et d’idées et ne demandant qu’à être appuyés financièrement pour continuer. Alors je suis revenu sur ce que j’avais décidé et on va continuer mais différemment : on abandonne le maïs qui est une culture trop fragile pour la région et ne rapporte pas assez en terme de récolte et on va planter 500 bananiers qui en donneront 900 la deuxième année. A trois ans, la ferme pourrait être proche de l’équilibre.
La journée s’est terminée avec la distribution des vêtements que vous m’aviez confiés (plus de 60 kilos grâce à Air France et notamment le Commandant Laurent Biraud). Si je dois garder un souvenir de  cette journée, ce sera cette petite fille qui avait repéré une paire de sandales blanche avec deux grosses pétales de cuir habillés de “diamants“ et qui, me les pointant du doigt, me demandait silencieusement de les essayer. Je lui ai passé aux pieds afin de vérifier sa pointure : elles lui allaient parfaitement. Ma petite Cendrillon releva la tête avec un sourire incroyable (ils sont d’ordinaire très pudiques avec les “yovos“, les blancs) et ses yeux semblaient m’interroger : “elles sont vraiment à moi ??“ Là, j’ai senti en moi un immense sentiment de joie et puis quelques larmes ont mouillé mes yeux. Je lui ai souri pour lui signifier qu’elle pouvait les emmener avec elle et je l’ai regardé s’éloigner en riant et criant dans son dialecte que je ne comprends pas. Nous ne sommes pas dit un mot mais nous nous sommes dits beaucoup de choses. Elle n’avait jamais rien possédé de si précieux ; des chaussures qu’en Occident, nous jetons tous les jours quand nos enfants ne rentrent plus dedans ont comblé les rêves d’une petite africaine…
Malheureusement, il n’y en a pas eu assez pour tout le monde. 3000 enfants à habiller, c’est trop… Les petits étaient tellement nombreux, massés autour de la “Case des Enfants“ où les essayages avaient lieu, que l’escalier d’accès s’est effondré sous le surpoids. Quand je suis sorti sur la terrasse pour comprendre la cause de ce tumulte, une foule s’est mis à m’interpeler et à scander mon nom “Jeff, Jeff !“, me demandant quelque chose, n’importe quoi, tendant des bras dans ma direction, m’implorant de leur donner à eux aussi un tee-shirt, un short, une paire de chaussures… C’était assez frustrant et gênant d’entendre tous ces enfants crier mon nom comme si j’étais une divinité capable de multiplier les paires de chaussures, un dieu capable d’accomplir des miracles. Malheureusement, je ne suis qu’un homme et j’ai dû battre en retraite, m’enfermer pour attendre que le calme revienne. Cela a duré trop longtemps et leurs cris raisonnent encore dans ma tête.
Voilà pour ce long récit de mon séjour à Togbota et des décisions qui ont été prises. Il faut continuer à financer cette association pour que je puisse m’occuper désormais du dispensaire public qui a un besoin URGENT de travaux.

Voici le premier des 4 films que j’ai tourné cet été pour Marseille Provence Métropole. Admirez le jeu de jambes… Tout ça sans trucage ! Non, je plaisante…

Facebook featured
Ce n’est pas de gaité de cœur que je vous fais cette annonce. Moi qui m’étais juré que jamais je ne rejoindrais la cohorte de moutons marchant d’un même pas vers l’abattoir numérique où leur vie, leurs goûts et la moindre de leur habitude seront découpés, éviscérés, tranchés par les algorithmes de gros ordinateurs américains collectant ainsi des milliards d’informations sur nous… et puis j’ai cédé. Pour des raisons professionnelles, soit, mais j’ai cédé. Je suis entré sur la grande agora et depuis lors je clique toutes les 10 minutes sur “accepter l’invitation“ de gens que je ne connais pour la plupart même pas. Il parait qu’après ce simple geste, je deviens instantanément leur “ami“ et que j’ai le droit d’être le spectateur privilégié de tout ce qu’il se passe dans leur foyer.
Le déclic eut lieu quand j’ai entendu mes collègues et amis m’expliquer que nombre de leurs clients les avaient contactés sur Facebook. Alors j’ai franchi le pas mais il fallut pour cela que je me fasse aider pour rattraper des années de retard en matière de réseaux sociaux. Il m’a fallu apprendre à “Aimer“, “Suivre“, “Commenter“ etc.
Depuis que j’y suis, je comprends pourquoi je ne voulais pas y être… J’y vois des couchers de soleils, des levers de soleils, des photos de Lune, des verres de cocktails avec des petits parasols dedans et un tas de gens qui “kiffent la life“ sur une plage paradisiaque. C’est un peu le jeu du “montre moi ta vie, je te dirai si tu es heureux“. Tout le monde est gagnant sur Facebook, tout le monde est heureux dans ce concours un peu obscène où de parfaits inconnus vous font rentrer dans une intimité dont vous ne voulez pas.
C’est un peu triste et fascinant. J’y passe des heures, comme lorsque j’étais enfant et que j’avais découvert la télévision. Peu importait le programme (il n’y avait que 2 chaînes en noir et blanc), j’étais hypnotisé par l’écran. C’est un peu identique. Je ne comprends pas comment on peut s’afficher de la sorte en étant visible de centaines, de milliers de personnes.
J’en ferai un usage exclusivement professionnel en espérant que cela attirera quelques clients à la recherche de personnes comme moi. Dans tous les cas, n’hésitez pas à me “liker“ si vous êtes sur le grand réseau… On peut cracher dans la soupe et la manger quand même 🙂

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Il n’est pas courant que je tourne pour des productions externes à la Broken Arms Company et pourtant c’est ce qui est arrivé la semaine dernière. J’ai été contacté en février par Philippe Musso de la société Novasud afin de tourner 4 spots pour la communauté urbaine MPM. Prudent, j’ai demandé à lire les scénarios avant de donner mon accord et comme je fus amusé par ce que l’on me proposait de tourner, j’ai dit oui. Ces spots seront diffusés dans le cadre de la Foire de Marseille, sur internet et dans tous les cinémas de Marseille à la rentrée.
J’y incarne une sorte de Monsieur Propre (je me passe de vos blagues vaseuses sur ma ressemblance avec l’icône déplumée de la propreté) qui explique à des malotrus les bons gestes à avoir pour que les rues de la communauté urbaine soit nickel.
Le tournage fut éprouvant car comme vous avez pu le remarquer, une vague de canicule a frappé notre région. Nous avons tourné en extérieur par des température approchant les 40 C° et à part un tournage nocturne (jusqu’à 1h30 du matin), nous étions écrasés chaque jour par le soleil. Qui plus est, sur tous les spots, je devais porter costume et cravate et j’ai bien évidemment chopé une insolation mardi dernier sur le parvis de la Cathédrale de la Major où nous tournions. Cerise sur le gâteau, j’ai tourné le dernier spot vendredi à Gémenos juché sur un vélo pendant qu’une voiture travelling me filmait en plein effort !
Cela a été un vrai bonheur de bosser avec des gens qui connaissent bien leur métier et qui ont un haut niveau d’exigence. Les techniciens étaient tous très bons, le réalisateur savait exactement ce qu’il voulait et le travail en amont avait parfaitement été exécuté (autorisations de tournage, repérage…). J’ai vraiment découvert des gens compétents avec qui j’aimerais retravailler et j’espère que le résultat sera à la hauteur de le souffrance enduré durant le tournage !
Diffusion en septembre.

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