DSK : halte au feu !

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Edito du 23 novembre 2011 pour News Of Marseille.
Je sais que je choque certains par mes prises de position iconoclastes qui vont souvent à l’encontre de la “bien-pensance“ mais je prends le risque encore cette semaine de m’attirer les foudres des gardiens de la morale qui pullulent dans les colonnes de nos médias. Tant pis. J’assume.
J’avais bien pris la défense de Nicolas Sarkozy il y a quelques mois de cela en critiquant un antisarkozysme primaire d’une violence inouïe qui n’honorait pas notre démocratie. Je rappelais dans cet édito rédigé alors que notre président faisait des scores spéléologiques dans les enquêtes d’opinion, que Nicolas Sarkozy n’avait pas “pris le pouvoir“ comme dans une “démocratie“ africaine mais qu’il avait été démocratiquement élu en 2007 par 52 % des Français.
Cette semaine, mon sens de la probité s’exercera au profit de Dominique Strauss Kahn. Oui, oui, ce croque-mitaine dont tout le monde parle. Le pervers, le dépravé, le violeur de domestiques, le partouzeur, l’ogre DSK… Encore quelques semaines et on fera des révélations sur “le pédophile DSK“ car la machine médiatique s’est emballée et plus rien ne semble pouvoir l’enrayer. On est en mode “autorun“ et c’est à celui qui balancera la pire horreur (qui rime très souvent avec rumeur) sur le couple Strauss Kahn.
Vous ne trouvez pas, vous, qu’on en fait un peu trop sur DSK ? Etes-vous passé(e) récemment devant un kiosque à journaux et avez-vous regardé les couvertures des magazines ? Tous ou presque titrent sur la chute de l’ex-président du FMI : “Est-il malade ?“, “Anne Sinclair va-t-elle le quitter ?“, “DSK : la déchéance“… Le tout accompagné d’une photo bien choisie où le priapique ex-favori à la présidentielle 2012 est pris dans une attitude pathétique, une barbe de 5 jours sur les joues, des poches sous les yeux et un regard terrifiant qui laisse filtrer la vésanie de la “bête“. Tous ces clichés feraient passer Joey Starr pour un Petit Chanteur à la Croix de Bois mais comprenez qu’il faut que la photo cadre avec le titre : règle numéro 1 d’une bonne couverture de journal.
Dominique Strauss Kahn n’est pourtant plus rien et n’occupe plus aucune responsabilité. Il a les deux genoux à terre et rien ne semble pourtant devoir arrêter l’hallali. On voudrait pousser un homme au suicide qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Ensuite, on verrait des titres “Mort de DSK : la presse est-elle responsable ?“ et des éditorialistes trouveraient mille raisons pour se justifier d’avoir fait “leur boulot de journalistes“ et certains même se transformeraient en thuriféraires, rappelant que Dominique Strauss Kahn était un brillant économiste avant d’être un amateur de plaisirs tarifés. Il semblerait que Pierre Bérégovoy est mort pour rien…
DSK fréquentait des prostituées. Et alors ? DSK organisait des parties fines : et puis quoi ? Qui cela dérange ? Pas moi. Tout le monde se régale à commenter les SMS que DSK envoyait à ses copains d’orgie mais où est le problème ? N’auriez-vous pas, vous aussi, l’occasion d’avoir honte si on révélait le contenu de vos SMS et de vos mails ? “Oui mais nous, on n’est pas un responsable politique de haut niveau !“ me contrediriez-vous. Ce n’est pas un argument : un homme politique est un homme avant tout. Je me fous de son appétit sexuel ou de ses éventuelles déviances dès lors qu’elles ne sont pas illégales. On attend beaucoup trop de notre personnel politique qui est composé d’êtres humains comme nous, avec leurs faiblesses et leurs tares. Je ne leur demande que de faire le job pour lequel ils sont élus : gérer une collectivité du mieux possible, en assurer la sécurité et préparer l’avenir de nos enfants. Si après leur journée de travail, ils ont envie de se déguiser en pompiers pour “jouer avec leur lance à incendie“ dans une chambre d’hôtel avec deux prostituées hongroises, peu m’importe et cela ne me choque même pas. Je préfèrerais toujours Dominique Strauss Kahn à Christine Boutin pour diriger la France : question de compétences.
Monsieur Strauss Kahn n’est plus traité comme un citoyen “normal“ et c’est ce que je souhaiterais ici dénoncer. Il ne sort plus de chez lui car il se fait insulter dans la rue. Il ne regarde plus la télévision car tous les humoristes du monde se sont donné le mot pour se moquer de ses mœurs. Et si on plaçait demain Laurent Ruquier, les auteurs des Guignols ou Nicolas Canteloup sur écoute, qu’appendrait-on de leur vie sexuelle ? N’ayant que peu de goût pour la tératologie, je ne souhaite pas le savoir et je trouve regrettable que le contenu des écoutes de Monsieur Strauss Kahn s’étale en lettres grasses dans nos journaux. Où va le monde ? Je me pose cette question chaque semaine et je n’ai pas fini de chercher la réponse.
Rappelons pour finir que Monsieur Strauss Kahn n’a toujours pas été entendu par le juge en charge de l’enquête sur le Carlton de Lille et qu’il n’est, pour l’instant, soupçonné de rien par la justice… Et s’il obtient un non-lieu demain dans cette affaire, en parlera-t-on avec autant de bruit ?
La semaine prochaine je prendrai la défense de Silvio Berlusconi, élu trois fois président du Conseil par le peuple italien et qui a connu des scores de popularité jamais atteints en pleine crise économique par un homme d’Etat en Italie. Je n’ai peur de rien…

4 Responses
  1. Niaquoue

    Ce qui est drole, c’est que son comportement n’est pratiquement pas hors norme. L’un de nos anciens presidents ne se voyait pas offrir que des diamants lorsqu’il partait en safari dans les contrees africaines. Ce qui est genant, ce ne sont pas les attaques mais le timing assez mesquin.

  2. Niaquoue

    Je parle du timing des journalistes. Du fait qu’ils attaquent tous en meute maintenant, alors qu’ils savaient tous depuis tres longtemps que DSK etait un peu limite… Sauf que attaquer maintenant est facile et peu risque.

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