Dyson, mon amour !

image3 e1356893927540Je voulais hurler mon bonheur et je ne savais trop comment m’y prendre alors j’ai choisi l’écrin de mon blog pour vous confier la joie qui brûle en moi et me consume comme le feu de l’ancien volcan qu’on croyait éteint… J’aime ! Je suis amoureux. D’un bel et merveilleux amour qui m’a explosé le cœur comme le missile d’un drone explose le véhicule d’un taliban revenant d’un séminaire sur les nouvelles techniques de lapidation.
Je n’y croyais plus vraiment et puis, alors que je ne m’y attendais plus, voilà que l’amour m’a cueilli comme on prend le fruit sur l’arbre.
C’est un aspirateur. Oui, vous avez bien lu et n’allez pas chercher de métaphore graveleuse : je suis vraiment tombé amoureux d’un aspirateur. Dyson est son petit nom. C’est un aspirateur à main en tout point merveilleux et je vis depuis quelques jours une belle histoire qui n’est pas prête de se terminer. Je crois même pouvoir écrire que, lui et moi, c’est du sérieux.
J’en avais assez des relations sans lendemain avec des aspirateurs de table asthmatiques qui n’aspiraient rien d’autres que mes illusions, incapables de faire disparaître la moindre miette de pain, fut-elle de mie. À chaque fois, je pestais et m’en voulais de ne pas avoir su choisir le bon. Je me sentais un peu honteux avec mon Black&Decker dans les mains, incapable de remplir sa part du contrat et m’obligeant à secouer ma nappe sur le mince balcon de ma masure, risquant par la même d’attraper mille maladies véhiculées par le vent d’est.
Je ne savais trop comment lui expliquer que nous deux, c’était fini ; que je n’y trouvais plus mon compte et que notre relation n’était plus épanouissante pour moi. J’ai longtemps hésité car ce n’est jamais facile d’abandonner quelqu’un avec qui on a partagé de beaux moments mais j’avais fait une rencontre qui m’a grandement facilité la tâche et qui m’a encouragé à franchir le pas.
Un matin, je me suis levé et j’ai su que c’était le jour où je ferai changer les choses. Je me suis rendu chez Darty le cœur joyeux bien que me sentant un peu coupable d’avoir quitté mon appartement avec mon Black&Decker encore posé sur son socle, innocent, ignorant le sort qui se tramait dans son dos… Le pauvre ne se doutait pas que j’allais chercher son remplaçant, que j’étais en train de tourner une page de ma vie… de notre vie. Il s’attendait à me retrouver le soir, le prenant d’humeur badine par la main comme chaque jour pour lui faire une promenade sur la table de ma cuisine mais… je ne suis pas rentré seul ce soir là…
Mon Dyson sous le bras, il a tout de suite compris que les jeux étaient faits et que j’avais décidé de donner une nouvelle impulsion à ma vie. Le souffle coupé (ce qui était fréquent chez lui), il n’essaya même pas de lutter car il se savait vaincu. Qu’aurait-il pu faire face à la puissance et à l’efficacité d’un aspirateur Dyson ? Est-ce que le laideron tente de rivaliser avec le top model ? Non, il fait ses bagages en silence, retient ses larmes autant par fierté que pour éviter à son visage les ravages d’une déformation accentuée de ses traits irréguliers.
J’ai voulu abréger ses souffrances. Je l’ai saisi une dernière fois par sa poignée en plastique, je l’ai enroulé de son fil électrique blanc pour confectionner une sorte de linceul inachevé et je l’ai rapidement glissé dans la poubelle sans un mot. Indifférent à sa souffrance… Tout heureux à mon bonheur.
Débarrassé de sa présence pesante, j’ai pu déballer mon Dyson de sa boîte et le tester immédiatement. Je riais de bonheur et tournais sur moi-même en sautillant tel Quasimodo faisant sonner les cloches de Notre Dame. Le Dyson a un appétit d’ogre et il aspire avec son puissant moteur issu de la recherche spatiale, miettes, poussières, boulons, cadavres de moucherons et à peu près tout ce que son tuyau lui autorise d’avaler. Un véritable joyau technologique au service de l’homme. Il a effacé, que dis-je, aspiré en quelques secondes le lointain souvenir de mon Black&Decker qui n’était plus qu’un rebut obsolète au fond d’un sac Handy Bag.
Depuis, j’aspire tout et n’importe quoi avec une joie égale. Je ne me lasse pas d’aspirer tout ce que mon œil capte d’imperfections et je ne saurais décrire le bonheur qui est le mien.
Je pensais ne plus jamais le dire mais aujourd’hui, je sais que c’est vrai : je t’aime Dyson !

3 Responses
  1. Anne-Laure

    J’aime beaucoup cette phrase :
    « Depuis, j’aspire tout et n’importe quoi avec une joie égale. Je ne me lasse pas d’aspirer tout ce que mon œil capte d’imperfections et je ne saurais décrire le bonheur qui est le mien. »
    Nous sommes amis et je souhaite que mes amis soient heureux; Alors, je t’invite à venir aspirer mon intérieur (aka carpetland ), ma voiture ( aka garbage wheels) une fois par semaine pour commencer et puis si l’envie te prend, tous les jours!
    Au fait, je crois que Dyson a lancé une ligne de fers à repasser….vérifies vite et je t’apporte de quoi t’entrainer 🙂

    1. Merci Anne-Laure, figure toi que la direction de Dyson m’a écrit suite à cet article ! Ils m’ont remercié et m’ont dit que cela les avait bien fait rire mais point d’aspirateur en cadeau…

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