2012 me fout la trouille

Capture d’écran 2012 01 10 à 18.12.35Edito du 11 janvier 2012 pour News Of Marseille
Cette nouvelle année me fait tressaillir de peur et je ne veux pas parler ici de la prophétie des Mayas qui annonce la fin de notre monde pour le 21 décembre prochain (ils se sont bien plantés les Picaros ! Ça fait un moment que notre monde a sombré dans le chaos), ni même de l’Euro de football où l’équipe de France risque, une nouvelle fois, de faire se gondoler la planète.
Non, l’année 2012 me fait peur au plan politique. Je sens que la campagne va être violente et que les différents candidats ne retiendront pas leurs coups, aidés en cela par des médias coupables qui feront tout pour monter en épingle les petites phrases prononcées en off et sortir de leurs contextes les plus insignifiantes déclarations pour en faire des unes accrocheuses. On se croirait à Falloudja par moment : on sent le vent des balles siffler de partout, de quoi vous enrhumer durablement pour les longs mois qui nous séparent de l’été.
“Sale mec“, “chamallow“, “Babar“, “capitaine de pédalo“, “Flamby“, “Kapo de Neuilly“, “Eva danslemur“… et on n’est qu’en janvier ! Ça promet. Et je ne parle pas des “affaires“ qui sortent tous les 3 jours dans une presse devenue misologue, avec à chaque fois des “nouvelles révélations“. L’affaire Karachi, Bettencourt, “l’affaire“ de la fondation de Carla Bruni-Sarkozy, l’affaire Tristane Banon qui cherche à mouiller François Hollande… le vide grenier a déjà commencé et il y a fort à parier que l’on ne s’arrêtera pas là. François Bayrou, Eva Joly, Marine Le Pen, tous doivent s’attendre à voir “sortir“ des dossiers les concernant et qui n’auront qu’un seul but : les salir.
Quand on voit les unes de Mariane, du Figaro, de Libération sans oublier Mediapart, on se demande ce que les journalistes ont fait de leur indépendance et de leur mission première : informer de manière impartiale leurs lecteurs. Tels des soldats devançant leur conscription, chacun a choisi son camp et participe allègrement au climat délétère qui s’est installé, telle une dépression, dans le ciel politique français.
Pour mémoire, j’aimerais rappeler la charte des devoirs professionnels du journaliste : publiée en juillet 1918 et révisée en janvier 1938, cette charte impose notamment au journaliste de « ne pas confondre son rôle avec celui d’un policier ». Il doit considérer lacalomnie, les accusations sans preuve, la déformation des faits et le mensonge comme « les plus graves fautes professionnelles »… Quand on voit ce que les journalistes ont fait de la soi-disant petite phrase“ prononcée par François Hollande à l’encontre de Nicolas Sarkozy cette semaine, on peut s’interroger sur l’état de nos médias.
Après les présidentielles, nous aurons les législatives avec des batailles qui s’annoncent homériques et sanglantes à Marseille.
Chez nous, le PS se disloque, l’UMP compte ses forces et les futurs candidats à la succession de Jean-Claude Gaudin sortent du bois en montrant leurs muscles. Le Modem essaye de sortir de l’anonymat, les Verts tenteront de prouver aux socialistes qu’ils auraient dû être plus gentils avec eux et le Front national comptera sur les triangulaires pour faire un score historique dans la cité phocéenne et préparer des municipales où Maître Collard, perché sur sa branche, tient déjà dans son bec, les clefs du succès qui sont accrochées au même trousseau que celles de la ville.
J’ai peur de la violence des combats qui vont, sans nul doute, se dérouler dans l’arène politique de notre jolie ville. Pourtant… Marseille n’a pas besoin de cela. Les kalachnikovs se vendent aussi facilement que des chichis à l’Estaque, les finances de la ville suivent le régime Dukan depuis des années, nous sombrons dans la pauvreté et le chômage chaque jour un peu plus et tout ce qui intéresse nos élus… c’est de troquer le soleil méditerranéen contre celui du palais Bourbon.
Au niveau national, la situation est malheureusement identique. La France n’a pas connu une telle situation économique depuis 50 ans avec des déficits qui se creusent, un chômage qui explose, une sécurité qui n’est plus assurée dans certains lieux, des valeurs humaines troquées contre des virements bancaires ou des valises de billets…
Et nos politiques ? De droite comme de gauche, ils ne se soucient que de savoir où ils ont le plus de chance d’être élus… Jack Lang, le gitan de la politique, s’est trouvé une nouvelle terre d’élection pour y poser sa caravane. Il s’est souvenu où il était né. Il avait le choix aussi avec la Dordogne où il a passé son permis de conduire ou bien l’Ile et Vilaine où il est allé en colonie de vacances quand il était petit. Jack Lang a fait plus de kilomètres que le cirque Bouglione depuis qu’il est entré en politique mais il est beaucoup moins drôle. A 72 ans, on se dit qu’il pourrait laisser sa place à un jeune député… mais non : en France, on meurt avec son écharpe tricolore en bandoulière.
Ségolène Royal débarque à La Rochelle parce qu’elle vise le perchoir de l’Assemblée nationale, ce qui redorerait son blason pour le moins terni par des échecs successifs (elle a négocié cela avec Hollande avant de lui donner ses voix pendant les primaires).
Claude Guéant, qui sent que les carottes sont cuites pour l’UMP, se prépare une retraite tranquille à Boulogne, François Fillon lui, choisit Paris comme maison de repos après 5 ans à Matignon.
Et les Français, qui pense à eux ?

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