Mon bilan à News Of Marseille

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Edito du 28/12/11 pour News Of Marseille

Le mois de décembre, et particulièrement la fin de celui-ci, est propice aux bilans de toutes sortes. Les couvertures de magazines mettent toutes en avant ces fameux bilans de fin de saison : “l’année sportive 2011“, “rétrospective de l’année“, “les succès de l’année“, “l’année 2011 en images“ etc. Pas un support n’échappe à cette règle aussi, pour une fois, je vais suivre le mouvement imprimé sur papier glacé par mes collègues.

L’année 2011 a commencé pour News Of Marseille d’une manière… mouvementée (!). Je cherchais le mot qui correspond le mieux à ce que ce jeune journal a vécu lors de son lancement. Fort d’un actionnaire qui était, à la naissance de News Of Marseille, incarcéré à la prison de Luynes, je dois dire qu’on ne pouvait espérer mieux pour attirer l’attention mais à choisir (je vous le confie en toute sincérité) j’aurais souhaité plus de… calme. J’ai parfois eu le sentiment d’être un scout parachuté par erreur à Kandahar avec pour seule arme, un canif multi-fonctions.
Nos concurrents de l’info en ligne, inquiets de voir débarquer sur ce qu’il considérait être comme leurs plates-bandes, un nouveau support de communication, ne nous ont pas loupés. Pourtant, contrairement à eux, notre actionnariat est connu et nous sommes transparents quant à la source de nos revenus. Tout le monde ne peut pas en dire autant.
La presse nationale cherchait à me joindre pour me questionner sur ce journal suspecté, avant même sa première parution, de n’être qu’un support de promotion au service d’un clan (“d’une mafia“ diront certains qui abusent d’un vocabulaire sensationnel pour compenser une vacuité de pensée) : Europe 1, Le Figaro, RTL… tout le monde cherchait à savoir qui était ce Jeff Carias, suppôt de Satan, qui osait lancer un journal au financement occulte… les plus audacieux parlaient d’argent provenant du trafic de drogue (quand on veut salir, tous les moyens sont bons).
Je découvrais dans la presse papier ou numérique des inventions sur moi, des mensonges tellement gros que cela m’a appris à rester très suspicieux quant à ce que je lis dans la presse aujourd’hui. Des “journalistes“ ré-écrivaient mon CV en y faisant figurer des fonctions que je n’avais jamais occupées et des établissements où je n’avais jamais mis les pieds. L’un d’eux a préféré avancer masqué (undercover comme on dit dans le métier) et a cherché durant tout l’interview à me faire dire des horreurs sur le support qui l’envoyait sous couvert d’anonymat… Ce même “journaliste“ a cité un jour Albert Londres dans un commentaire (assassin) qui nous était consacré… Citer Albert Londres quand on a aussi peu de morale, c’est un peu comme si Nicolas Anelka citait l’Abbé Pierre ou que Pamela Anderson évoquait Sœur Emmanuelle comme modèle dans sa vie.
J’ai vite appris. Ma naïveté s’est évaporée plus rapidement qu’une flaque d’eau dans la Vallée de la Mort. Sonné comme un boxeur poids plume face à une dizaine de poids lourds bien décidés à sortir du ring médiatique l’intrus que j’étais, j’encaissais les coups.
Ma boîte de production perdait ses clients les uns après les autres. J’ai du, à regret, arrêter de présenter une émission sur LCM (chaîne de télé locale) qui s’inquiétait du bruit médiatique occasionné par ce lancement. Mon assistante de l’époque a préféré, quant à elle, démissionner après avoir largement reçu sa part de déboires…
J’enrageais devant tant d’injustice. Moi qui ai toujours était professionnel et intègre dans ma façon de travailler, je voyais mon nom trainé dans la boue. Tout ce que j’avais patiemment bâti de mes mains vacillaient.
Un genou à terre mais pas complètement couché, je me suis relevé et grâce à une équipe de formidables journalistes et une nouvelle collaboratrice que j’avais réussi à convaincre de mon éthique, on a montré très rapidement au microcosme marseillais que News Of Marseille ne roulait pour personne. Je suis, aujourd’hui, à la tête de la rédaction la plus indépendante qui soit et j’en suis fier. Cela n’est pas facile tous les jours mais je tiens bon sur cette ligne de conduite qui est la mienne depuis que je dirige ce journal : une indépendance totale d’esprit.
Une journaliste qui avait refusé de collaborer avec le journal au mois de février pour des raisons “déontologiques“ m’a recontacté au mois de juin pour savoir si je cherchais toujours des collaborateurs… J’ai trouvé cela gonflé de sa part mais j’ai su que la partie était gagnée. Idem pour les écoles de journalisme qui avaient décidé de boycotter nos offres de stages et qui avertissaient leurs élèves de ne pas aller dans ce “nouveau journal“ aux contours douteux. Je reçois aujourd’hui des candidatures de la France entière et suis, malheureusement, obligé de refuser du monde. J’interviens également dans ces écoles au titre de rédacteur en chef d’un média au ton si novateur… Comme disait Charles Peyraut : L’honnêteté coûte des soins et veut un peu de complaisance mais tôt ou tard elle a sa récompense et souvent dans le temps qu’on y pense le moins“.
Je voudrais remercier toutes les personnalités politiques de tout bord d’avoir accepté de répondre à nos questions et d’avoir fait confiance au traitement de l’information que nous ferions de leurs entretiens. Je crois n’avoir trahi personne, déformé aucun propos, raccourci aucune idée et tant que je dirigerai ce journal, il en sera ainsi.
Merci à tous mes collaborateurs de m’avoir accompagné dans cette aventure un peu folle et à notre actionnaire pour avoir compris que notre liberté de ton était notre capital le plus précieux.
2011 a commencé sous le feu nourri de nos confrères mais elle finit sous un feu d’artifices de bonnes nouvelles : nous n’avons jamais eu autant de lecteurs, d’abonnés à la newsletter et de followers sur Twitter, preuve que News Of Marseille a réussi à trouver sa place dans le paysage médiatique local et qu’il est, aujourd’hui, le journal de tous les marseillais.
Que cela dure en 2012, c’est tout ce que je nous souhaite.

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