J'aime bien les Verts !

Eva Joly

Edito du 30 novembre pour News Of Marseille
Oui, j’aime bien les Verts. Les écolos quoi. On croit bien les connaître, on doute pouvoir être surpris par eux et puis ils nous font toujours un truc auquel on ne s’attend pas et qui généralement provoque l’hilarité du microcosme médiatique. C’est cela être écolo : ne pas faire comme tout le monde et regimber par-dessus tout d’être un parti comme un autre. Un peu comme un enfant qui refuserait de grandir et qui continuerait à disposer son pot au milieu du salon pour y faire ses besoins en suçant son pouce devant les amis de ses parents s’apprêtant à passer à table.

Les Verts ne cultivent pas que du chanvre ou des légumes bio, ils cultivent aussi leur différence et n’ont jamais peur du ridicule. Pour chef, ils ratiocinent entre eux pendant des jours avant de choisir généralement le moins séducteur d’entre eux, le moins capable de rassembler car ainsi, les militants ont l’impression que le parti ne leur échappera pas. La peur du succès les habite comme ces rockers rebelles qui refusent le star system et qui ne veulent surtout pas vendre de disques ou, pire encore, rentrer dans un quelconque hit parade car ils auraient l’impression d’avoir vendu leur âme au diable. Ils préfèrent passer leur vie dans leur cave à la vertu prophylactique, à gratter leur guitare en criant dans un micro qu’ils veulent changer le monde en s’y mêlant le moins possible.

En 2007, c’est Dominique Voynet qui est allée à la cave. Elle était chargée de défendre les couleurs de l’écologie (principalement le vert). Résultat : 1,57 % des voix. Choisir Dominique Voynet pour défendre ses couleurs revient à placer Roselyne Bachelot sur le plot d’une piscine olympique en espérant qu’elle batte le record du monde de nage libre.

Mais il y a pire. En 2002, les gentils militants écolos avaient choisi… Alain Lipietz pour se présenter face à Jacques Chirac… Alain Lipietz… Comment expliquer aux plus jeunes d’entre vous qui est ce monsieur ? Comment rappeler à tous les autres ce qu’a fait ce personnage dont seul l’orthographe du nom est susceptible d’intéresser un joueur de Scrabble ? Alain Lipietz était aussi doué pour la politique que Christine Boutin pour le lap dance ou Gilbert Montagné comme moniteur d’auto-école et il a disparu des écrans radars suite à son remplacement par Noël Mamère en pleine campagne présidentielle suite à sa prise de position sur l’amnistie des terroristes corses. Il n’y a que chez les Verts qu’on voit ça, non ?

Cette année encore, les Verts nous ont surpris en ne choisissant pas le candidat susceptible de faire un gros score aux présidentielles et de pouvoir ainsi négocier avec force avec le PS (on admettra que les Verts ne sont pas un parti de gouvernement), à savoir Nicolas Hulot. Non, ils ont choisi Eva Joly, novice en politique, sans aucune expérience dans ce domaine et aussi rigide qu’un bâton de canne à sucre (sans OGM). Depuis elle enchaîne gaffe sur gaffe, faute politique sur approximation dans un joyeux désordre où toute une cohorte de conseillers et responsables viennent mêler leur voix pour défendre la blonde aux yeux myxomatosés.

Eva Joly se conduit comme une pyromane qui allume tous les trois jours un nouveau feu médiatique que s’efforce ensuite d’éteindre une armée de pompiers tout de vert vêtus.

Les Verts avaient pourtant prévenu : “Attention ! nous, on est pas un parti comme les autres : on ne transigera pas, on ne fera pas de magouilles et on ne cédera pas sur le nucléaire ni sur l’aéroport de Nantes ! Est-ce bien clair ?“ Read my lips ! comme aurait pu dire George Bush père quand il annonçait durant sa campagne électorale qu’il n’y aurait pas de hausse d’impôts s’il était élu. Promesse qu’il avala avec une bonne Budweiser dès qu’il fut installé dans le bureau ovale de la Maison Blanche. Les Verts ont fait pareil mais avec un thé vert bio à l’aloe vera dégusté sous une tente Quechua en fibre de soja équitable : il y aura bien du nucléaire en France et l’EPR de Flamanville sera finalisé. L’aéroport ? Pareil, on va le faire. Et toutes ces couleuvres avalées en échange de quoi ? Un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, à savoir 20 députés Verts. En effet, sans groupe parlementaire en 2012, le parti sera en faillite. Plus d’argent dans les caisses alors…

Et oui, Eva, tu as été sacrifiée sur l’autel de la real politik… Quand tu étais juge, tu pouvais faire plier n’importe quel chef d’entreprise, incarcérer qui tu voulais et tous les politiques tremblaient à l’idée de se retrouver un jour face à toi dans ton bureau mais désormais tu fais sourire… ou pitié. Je souffre pour toi Eva. Que cela doit être difficile d’avaler ses convictions, de brader sa morale, de faire une croix sur ses principes… Qu’il doit être douloureux de se regarder dans le miroir de sa salle de bain quand on a atteint ce niveau de compromission. Je n’aimerais pas être à ta place, jolie Eva.

Mais j’aime bien les Verts car, à côté des partis ultra organisés que sont l’UMP et le PS, ils apportent un vent de fraîcheur qui me rappelle les campagnes corpo de mes années Sup de Co. A l’époque aussi, il y avait beaucoup d’amateurisme et de flou dans les listes BDE que nous élisions dans un joyeux délire organisé chaque année. Nous avions l’excuse d’avoir 20 ans…

Eva, si vous n’êtes pas élue en 2012 (ce qui est aussi probable que le fait que Noël tombe un 25 décembre cette année), je pourrai peut-être vous pistonner à la présidence de l’association des Campings Ecologiques qui se cherche un nouveau responsable. Là, c’est sûr, vous ne détonnerez pas et vous pourrez faire un carton. Recyclé bien sûr.

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