J'adore ce film : “Itinéraire d'un enfant gâté“

J’adore Claude Lelouch : qu’on se le dise ! Je sais qu’il est de bon ton d’avoir enterré ce grand metteur en scène avant de le rescuciter, récemment, à l’occasion de son dernier (très bon) film “Roman de Gare“. Je ne suis pas de ceux là. J’ai toujours aimé Claude Lelouch. Sa façon de raconter une histoire, de diriger des comédiens et de nous les révéler comme on ne les a jamais vu ; sa manière tourbillonante d’illuminer les acteurs et surtout les actrices etc. Cet homme a été un des meilleurs éducateurs de la récente génération de metteurs en scène français. J’ai eu l’occasion de lui serrer la main il y a un mois. J’étais tétanisé et impressionné par ce monument français et j’avais tourné 7 fois dans ma bouche, la phrase que je m’apprêtais à lui lancer. Il se trouve que mon cousin travaille avec lui et je me disais que cela allait être une belle entrée en matière et qu’il allait sans doute m’inviter à prendre un verre avant de me proposer, dans quelques mois, de faire des essais pour sa nouvelle œuvre. Je me suis approché et je lui ai tendu la main comme dans mon rêve ; mais celui-ci s’arrêta à l’instant précis où ma langue délivrait le précieux sésame de ma nouvelle carrière cinématographique. Je lui ai dit : “je suis le cousin de Dominique et j’aime beaucoup ce que vous faites“. Il m’a répondu le regard lointain, perdu sur l’écran immaculé qui se trouvait dans mon dos : “merci“. Je suis resté 2 secondes planté devant lui, ma main dans la sienne, l’air absent avant de réaliser que j’étais pathétique. J’ai fait quelques pas afin de m’éloigner du Maître et c’est là que j’ai commis LA bourde. Je suis revenu devant lui en projetant ma tête dans son champs de vision et j’ai rajouté : “au fait : j’ai beaucoup aimé votre film“. Je pensais que cette phrase allait me faire remonter l’espace temporel et revenir à l’instant précis où mon rêve s’était fracassé contre les rochers de la réalité. Il n’a rien répondu cette fois-ci ou alors, je n’ai rien entendu car tout le sang de mon corps est brusquement monté à ma tête. Je suis parti à reculons, écrasant au passage le pied d’une vielle femme qui m’a houspillé sans ménagement, ne sachant pas que, moi aussi, j’avais été écrasé par un poids bien plus important que celui d’un homme : le poids du ridicule. J’ai longtemps ruminé ce désastre et puis j’ai décidé de vous le raconter, à vous, mon fidèle public… Je me sens mieux désormais. J’ai recroisé la vieille femme dans la rue : elle boitait mais elle m’a souri.
Film sorti le 30 novembre 1988 avec Jean-Paul Belmondo, Richard Anconina, Marie-Sophie L., Pierre Vernier…

2 Responses
  1. jeff

    En travaillant beaucoup, en arrosant quelques producteurs vicieux, toi aussi tu pourras peut-être un jour, être connu dans ton quartier ou, plus raisonnablement, dans la cage de ton escalier. Bon courage à toi et au boulot !

Archives

ultricies et, dolor odio id leo commodo vel, Nullam fringilla dictum neque.

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer